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Je vois rouge - Avis +/-
Onirik -> Cinéma -> Critiques -> Dernière mise à jour : le dimanche 21 avril 2019.
documentaire franco-bulgare de Bojina Panayotova (2019)

Présentation officielle

Après 25 ans passés en France, Bojina retourne en Bulgarie avec un soupçon vertigineux : et si sa famille avait collaboré aux services secrets du régime communiste ? Caméra au poing, elle embarque ses parents dans une quête effrénée qui menace de tourner à la catastrophe. Dans son obstination à trouver la vérité, elle se voit dépassée par ses propres méthodes qui ressemblent étrangement à celles du passé. Une odyssée tragico-comique qui mélange le film d’espionnage et le film de famille.

Avis de Hirone

Bojina Panayotova est arrivée en France après la chute du mur de Berlin. Elle a 8 ans et arrive tout droit de Bulgarie avec sa mère traductrice et son père artiste. 25 ans plus tard, Bojina est réalisatrice et retourne en Bulgarie pour retracer l’histoire de ses racines familiales. Il y a là-bas de nombreuses manifestations anticommunistes, son sang ne fait qu’un tour, elle ne comprend pas la douleur de ces manifestants mais est touchée par elle. Elle ne sait pas ce que c’est, elle n’a pas connu la violence du système malgré ses 8 ans là-bas, mais si elle n’en a pas souffert... Est-ce que c’est parce qu’elle a profité du système ?

Le retour au source devient une enquête sur le passé des membres de sa famille, notamment ses parents, elle va essayer de comprendre où se situaient ceux qu’elle aime dans le cadre du Parti Communiste bulgare. Ses recherches sont facilitées par le fait que les archives de la police secrète ont été ouvertes en Bulgarie et qu’il est possible de faire des requêtes auprès d’une commission spéciale pour savoir si son nom figure dans des dossiers, espion ou personne surveillée.

Ce film-documentaire rend mal à l’aise, car même si la démarche de Bojina Panayotova est dans un premier temps compréhensible, cela prend un tournant particulier lorsque Bojina commence à pousser ses parents dans leur retranchement. Elle est violente dans ses propos, et s’insinue dans leur histoire de manière arbitraire, versant dans le voyeurisme par son obsession d’enregistrement. Le simple fait de se retrouver devant ce qu’elle a filmé est dérangeant car on a l’impression de valider ses méthodes et d’accepter la violation de la vie privée de ces personnes.

Malgré ses grandes lunettes lui mangeant le visage et ses premiers bons sentiments, Bojina nous paraît de plus en plus rongée par une histoire où elle ne prend pas de recul. Elle enquête, juge et condamne comme un bulldozer. Ainsi, la position de spectateur n’est pas très agréable, même si finalement on apprend qu’elle a eu des discussions plus poussées avec ses parents et que ces derniers ont accepté le montage et la sortie de ce film documentaire. De plus, il est précisé que certaines scènes sont plus fictionnelles que ce qu’on pourrait croire et cela rassure par rapport à la personnalité qu’on découvre de la réalisatrice.

C’est donc une réalisation assez spéciale, on nous y montre des images d’archives historiques, des anciennes photos d’elle et de sa famille, ce qu’elle filme et son enquête dès son arrivée en Bulgarie. Mais ce qui est vraiment mis en lumière c’est la réaction que peut avoir un enfant face aux actions de ses parents, c’est brut et ça serre le coeur. Il ne faut pas oublier ce qu’est un système et une époque, car même si on juge, la contextualisation des actes est importante.

Fiche technique

Sortie : 24 avril 2019
Durée : 83 minutes
Genre : documentaire
Distributeur : JHR Films

Bande annonce : "Je vois rouge", de Bojina Panayotova from JHR Films on Vimeo.

L'auteur Hirone
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