Onirik
Népal : le roi assomme l’opposition à la veille d’une manifestation
Le 20 janvier 2006

KATMANDOU (AFP) - Les autorités népalaises ont porté jeudi un coup à l’opposition en procédant à une nouvelle vague massive d’arrestations et en coupant les communications téléphoniques cellulaires à Katmandou à la veille d’une manifestation contre le roi qui a pris les pleins pouvoirs. Au moins 107 personnes, militants des droits de l’Homme ou hommes politiques, ont été appréhendées avant la grande manifestation prévue vendredi à Katmandou à l’appel des sept principaux partis d’opposition et que les autorités ont interdite.

"La Police du Népal (non armée) a arrêté 69 activistes et la Force de police armée en a arrêté 38", a indiqué un responsable de la police sous couvert de l’anonymat. Ces personnes ont été arrêtées sans charge pour une durée indéterminée. Au moins 15 responsables du Nepal Communist Party (United Marxist Leninist) ont été appréhendées, a indiqué son secrétaire Kashinath Adhikari. Le Nepali Congress a vu 24 de ses membres interpellés.

C’est la première fois que les autorités procèdent à une rafle si importante dans les milieux de l’opposition depuis que le roi Gyanendra s’est arrogé les pouvoirs absolus le 1er février 2005, muselant les partis politiques et suspendant bon nombre de droits fondamentaux. Les autorités ont également fait couper jeudi toutes les communications téléphoniques cellulaires dans la vallée de Katmandou, comme cela avait été le cas lors du coup de force du roi. La mesure visait à empêcher les opposants d’entrer en contact pour organiser des actions de protestation.

"Les téléphones mobiles dans la vallée de Katmandou sont en dérangement depuis jeudi tôt dans la matinée à la suite d’un ordre du gouvernement", a indiqué un responsable de la société de télécommunications Nepal Telecom.

Le ministre de l’Information et des Communications, Shrish Shumshere Rana, a confirmé. "Le gouvernement intensifie ses préparatifs pour faire face à l’agitation car le ministère de l’Intérieur a estimé qu’il y avait de forts risques de violence durant la manifestation de vendredi", a-t-il déclaré à l’AFP.

Les sept plus grands partis politiques, regroupés au sein d’une alliance, ont appelé à cette vaste manifestation dans la capitale pour réclamer le retour à la démocratie et pour protester contre l’organisation d’élections municipales, le 8 février, qu’ils considèrent comme une "farce".

Le gouvernement avait déjà décrété en début de semaine un couvre-feu nocturne à Katmandou - officiellement en réaction à des attaques sanglantes des maoïstes près de la capitale - et interdit toutes les manifestations dans la perspective de celle organisée vendredi.

Les autorités ont indiqué craindre que les rebelles maoïstes ne s’infiltrent dans la manifestation de vendredi. Ces derniers ont assuré qu’ils se tiendraient à l’écart du défilé.

"C’est une attaque contre les droits fondamentaux du peuple et le gouvernement royal a essayé de priver le peuple de ses droits en imposant le couvre-feu et en interdisant les manifestations", s’est insurgé le secrétaire du Nepali Congress, Shobhakar Parajuli.

Ces mesures de répression ont suscité l’inquiétude de l’Union européenne et de l’Inde.

"La mission de l’UE à Katmandou est profondément préoccupée par les récents développements au Népal, en particulier par les arrestations de responsables de partis démocratiques, de membres de la société civile et de militants des droits de l’Homme", a affirmé l’UE dans un communiqué.

"Ces actes du gouvernement népalais sont regrettables et sont un sujet d’inquiétude pour tous ceux qui souhaitent voir les forces constitutionnelles travailler ensemble au Népal pour obtenir paix et stabilité", a réagi le ministère indien des Affaires étrangères.

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